Comment je suis devenue (presque) végétarienne

Aujourd’hui c’est la journée mondiale sans viande. Alors on ne va pas parler thé.

Devant mes photos Instagram, plusieurs d’entre vous m’ont posé des questions sur mon végétarisme ou pas, comment je tenais le coup, comment on pouvait être végétarienne enceinte, etc. Je vais donc essayer de répondre à vos interrogations (de manière tout à fait non scientifique hein, je vous parle juste de mon expérience).

Alors déjà pour commencer, non je ne suis pas végétarienne. Depuis plus d’un an, je ne mange plus du tout de viande mais encore du poisson. Même si après avoir lu cette excellente infographie de Qu’est-ce qu’on fait ? sur la pêche, je me dis qu’il faudrait vraiment que j’arrête le poisson aussi.

Ah bon ? Mais c’est quoi la différence entre végétarien, végétalien, vegan, tout ça tout ça ?

Le végétarien ne mange pas d’animaux : ni viande, ni poisson. Bon il ne mange pas non plus de bonbons parce qu’il y a la plupart du temps de la gélatine dedans (mais chez Marks et Spencer, ils en font des très bons et sans gélatine).
Le végétalien est un végétarien mais qui en plus ne mange rien de ce qui est issu de l’animal donc pas d’œufs, de produits laitiers et même de miel.
Le vegan, c’est un végétalien très très convaincu puisqu’il applique ces préceptes à tout son mode de vie : pas de cuir ni de laine, produits de beauté vegan etc.

Du coup, moi, je suis ce qu’on appelle pisco-végétarienne. La nouvelle mode aussi est de dire qu’on est flexitarien, c’est à dire qu’on adapte un peu son alimentation à son envie du moment. Enfin bref, pour faire plus simple, je dis tout simplement que je ne mange pas de viande (non non, même pas du jambon comme me demandent certains)(les gens sont bizarres).

Pour y voir (encore) plus clair, Libération a fait un petit article explicatif sur les différentes formes de végétarisme aujourd’hui.

Comment et pourquoi devient on végétarien ?

Certains deviennent végétariens parce qu’ils aiment trop les animaux et ne supportent pas les souffrances qu’on leur inflige. D’autres le sont parce que s’ils sont écolos et que l’élevage intensif, c’est quand même très très mauvais pour la planète.

Pour moi ce n’est ni l’un ni l’autre. Ou un peu des deux. Mais c’est surtout parce que je suis une grosse chochotte. Depuis toute petite, la vue du sang me dégoûte et je n’arrive pas à entrer dans une boucherie (voire juste passer devant) sans que l’odeur me donne envie de vomir. La seule viande que je « cuisinais », c’était du jambon et des knackis. Pas vraiment de la viande quoi ! Et quand je mangeais un steak, je le faisais ultra cuire et il devenait vite une semelle sans goût. Arrêter la viande n’a donc pas été très difficile pour moi (sauf quand dans la boulangerie de Thierry Marx, le cuisinier fait cuire une tranche de bacon qui sent divinement bon juste sous mon nez).

Un jour, j’ai lu Faut-il manger les animaux de Jonathan Safran Foer qui est vraiment un excellent livre sur le sujet, passionnant et absolument pas moralisateur ce qui est loin d’être toujours le cas. Alors je me suis dit que j’allais continuer à manger de la viande (même si ce n’est absolument pas ce qu’il recommande dans le livre), mais de la bonne, pas du poulet acheté en barquette à Auchan. Et puis il y a eu le scandale des abattoirs. Où celui qui était incriminé produisait aussi de la viande bio. De par mon métier, je lis énormément les journaux et toutes les photos illustrant les articles m’ont retourné le ventre. Je ne sais pas si c’est parce que j’étais enceinte que j’étais plus sensible mais j’ai décidé d’arrêter totalement la viande. Ça fait maintenant plus d’un an et je n’ai jamais eu envie de replonger.

On peut être végétarien enceinte ?

Je ne suis pas médecin mais personnellement, je n’ai eu aucune carence. En tout cas, pas pendant ma grossesse. Le principal risque quand on arrête de manger de la viande rouge, c’est de devenir anémié en fer. Surtout quand on est une femme et qu’on a ses règles tous les mois. Du coup, pendant la grossesse, pas de règles, pas d’anémie (enfin pour moi hein). Mais après, ça s’est un peu corsé.

Je ne vais pas vous raconter ma vie (quoique) mais il y a quelques mois, j’ai fait un malaise et c’est là que le médecin s’est rendu compte que j’étais anémiée. A mon accouchement, j’ai fait une grosse hémorragie et j’ai perdu pas mal de sang et donc de fer. Et il faut croire que mon « nouveau » sang n’a pas su retrouver un niveau de fer adéquat. Le médecin, vieille école, m’a dit de manger des steaks. J’ai préféré prendre rendez-vous chez une naturopathe. Je vous en reparle très vite.

Et mes enfants du coup ?

Là encore, je ne suis pas du tout une experte mais je vais vous parler seulement de mon expérience. J’ai choisi de ne pas donner de viande à mes enfants à la maison (ou quasiment pas). Parce que ça me semblerait un peu bizarre de leur donner du jambon plein de nitrites alors que je n’en mange pas moi-même.

Mais par contre ils en mangent à la crèche ou à l’école. Malheureusement, le végétarisme n’est pas encore assez répandu dans les crèches ou les écoles. Du coup, un enfant qui ne mange pas de viande doit se contenter d’une assiette de légumes, sans rien pour compenser et ça, c’est vraiment pas terrible. D’ailleurs, je pense que mon minus n’aurait même pas le droit de ne pas manger de viande à l’école.

J’espère donc juste fort que toutes ces réflexions sur manger autrement vont se développer vite pour que toutes les cantines proposent des alternatives végétariennes pour nos minus.

Je n’ose pas me lancer, on va manger toujours la même chose, mon amoureux.se n’aime pas les légumes…

Chez nous, ça a été tout le contraire : on mange bien plus diversifié maintenant qu’on a changé notre alimentation. Ça a été une des conditions de mon amoureux : ok, on ne mange plus de viande mais on se trouve plein de recettes super sympas et qui changent ! Nous avons la grande chance d’avoir un super maraicher près de chez nous (Les Serres de Maubuisson à Saint Ouen l’Aumône pour ceux qui trainent dans le Val d’Oise) et nous composons donc nos menus avec ce qu’on trouve sur ses étals. On réapprend à aimer des légumes qu’on croyait détester et on en découvre même d’autres. Parce que pour tout vous avouer, avant, à part les tomates et les courgettes, on n’achetait pas grand chose (oui oui, même hors saison). Une assiette végétarienne, ça peut être gourmand ! Nous on transforme nos légumes en tartes, crumbles ou gratins dégoulinants de fromage (oui bon par contre le véganisme, ce n’est pas pour tout de suite).

Le livre dont je me sers tout le temps est Recettes végétariennes inratables de Clémence Roquefort chez Larousse Cuisine. Bon, si vous suivez un peu, vous savez qu’il s’agit du livre de ma sœur mais il est vraiment génial et donne plein d’idées. Les recettes sont parfois un peu trop simples parce que limitées à cinq ingrédient mais elles sont une base parfaite pour donner ensuite libre court à votre imagination. Et ici, pas d’aliments compliqués qu’on ne trouve que dans d’obscurs petits magasins, normalement, vous devriez tout trouver dans vos placards.

Si vous êtes moderne, vous pouvez aussi faire le plein de recettes végétariennes sur les blogs de cuisine parce que, ça tombe bien, le végétarisme est à la mode ! Pour vous aider à faire le tri dans cette multitude, vous pouvez vous abonner à Vegg’up. Lancé eil y a quelques semaines, cette application regorge de recettes végéta*iennes plus appétissantes les unes que les autres. Vous pouvez aussi vous abonner à la newsletter de leur blog qui vous propose des articles de fond sur le végétarisme mais également des liens vers des recettes qu’elles ont trouvées sur la toile (j’ai eu le grand honneur d’y voir figurer ma recette de cheesecake vegan au thé matcha). En plus, comme ça, ça vous fait découvrir de nouveaux blogs et donc de nouvelles recettes ! Si avec tout ça, vous avez peur de manger deux fois la même chose…

 

Et le thé c’est végétarien ?

Ouf, oui ! Par contre, il faut faire attention car le thé est réputé pour limiter l’assimilation du fer. Si vous m’avez bien lu, vous aurez compris qu’être végétarien comporte souvent un risque d’anémie si on ne fait pas très attention. Donc pour être sûr que tout aille bien, on boit son thé à distance des repas.

Bon, maintenant que je vous ai bien raconté ma vie, je veux tout savoir. Ça vous tente vous le végétarisme ? Ou ça vous fait peur ?

4 comments

  1. JessP says:

    Je suis flexitarienne; je mange très peu de viande ou de poisson, par conviction mais aussi par goût: je n’aime pas trop ça et ça me dégoûte un peu d’avoir à les cuisiner. Mes minots mangent de la viande (par goût, ils aiment bien ça!) à la cantine et chez les grands-parents.

    J’essaie de ne pas trop penser à la séparation vache/veau ou au sexage des poussins ce qui fait que je continue à manger des oeufs et du fromage (miam!). Et je suis d’accord avec toi: le (quasi) végétarisme incite à être plus créatif en cuisine et permet de découvrir de nouveaux ingrédients, de nouvelles façons de faire et de nouveaux horizons culinaires (la cuisine indienne, par ex.).

    Et bien évidemment, je plussoie le livre de Clémence, super bien fait pour avoir de bonnes bases et des idées et ensuite, à toi de laisser parler ta créativité! 🙂

    • sarrousse says:

      Et oui, c’est plus facile quand, de base, on n’aime pas trop ça. Et je suis exactement comme toi pour le végétalisme, on n’essaye de ne pas y penser parce que ça serait trop dur de se passer de fromages. Mais après, je pense que si on prend des produits de qualité ou de petits producteurs dans lesquels on a confiance, il y a moins ces problématiques, non ?

  2. Catherine Dupont says:

    oui, moi ça me tente carrément ! J’ai déjà diminué la viande ces derniers mois : je suis passée de 2 fois par jour (oui, oui, midi et soir) à 4 fois par semaine environ. Cela peut sembler peu mais c’est déjà un gros bouleversement de mes habitudes alimentaires.
    Je compense par beaucoup de graines oléagineuses : lin, sésame, tournesol, amandes… et beaucoup de céréales complètes : orge mondé, riz complet, sarrasin, avoine…
    Comme tu le soulignes, il est très important pour les très grosses buveuses de thé comme nous, d’éviter le thé en même temps que les repas. Il vaut mieux une heure de décalage.
    Merci pour ton article qui aide à y voir plus clair entre tous ces courants sans viande !

    • sarrousse says:

      Alors bravo parce que, quand ça fait vraiment partie de tes habitudes alimentaires, ça doit être vraiment très dur !
      Après, on est tous différents : chacun nos besoins et surtout nos envies donc je pense qu’il ne faut surtout pas se mettre la pression !

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